Les Eco-Games ont été conçus et mis en oeuvre par un passionné de sport, soucieux de l’impact croissant et souvent néfaste de ce dernier sur l’environnement. Plusieurs années de réflexion se sont avérées nécessaires pour élaborer le concept de ces « Jeux », et préparer leur mise en oeuvre concrète.
Proposer au plus grand nombre un programme d’activités sportives et extra-sportives très large, mis au service de la découverte, de la mise en valeur et de la protection des beautés naturelles et des richesses culturelles des territoires hôtes de ces Jeux, avec un accès facilité et privilégié pour les populations sans ressources de chaque région concernée.
Enfin, l’organisation de ces manifestations, leur financement, les moyens de communication déployés tout comme les modes d’interaction entre les participants s’inscrivent dans les perspectives du développement durable et en respectent les grands principes.
Depuis la création de ces Jeux, l’association francophone SVPlanète (un Sport Vert pour ma Planète bleue) promeut et participe activement à l’organisation de ces éco-événements très particuliers, et reproductibles sous des formats adaptés dans toutes les régions de France et dans le monde entier. En France, des Eco-Games existent ou sont en projet notamment en Aquitaine, Bourgogne, Centre, Ile-de-France, Midi-Pyrénées, Normandie, Rhône-Alpes, Guyane, etc.
Imaginés dès le début des années 2000, les premiers Eco-Games voient le jour à l’automne 2004 dans l’état de Bahia au Brésil, sous le nom de Jeux mondiaux de l’environnement. De cet événement alternatif expérimental se dégagent très vite un certain nombre de principes caractéristiques, qui modèlent et reflètent la réalité des pratiques et formes d’organisation des Eco-Games actuels.
Les ressources (naturelles et humaines) mobilisées lors de chaque Eco-Games le sont selon deux priorités essentielles :
Prioritairement local, qu’il soit sportif ou non sportif ; et parmi toutes les tranches de la population : femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, tous profils et toutes catégories socioprofessionnelles.
Les partenariats sont essentiellement locaux et varient selon les Eco-Games : associations sportives, collectivités, établissements publics, représentations régionales des fédérations sportives nationales…
Le mécénat est systématiquement préféré au sponsoring traditionnel, pour tuer dans l’œuf toute possibilité de récupération malsaine des Eco-Games par la sphère économique, et limiter le greenwashing.
Organiser des Eco-Games tient en 1 page et 10 principes d’organisation, présentés ci-dessous.
Pas de cahier des charges lourd, rigide, et souvent inadapté au contexte local.
Pas de modalités sportives obligatoires ni de distances formatées.
Mais une dizaine de principes de fonctionnement riches de sens, à s’approprier, assimiler, accommoder, digérer. Un processus d’autant plus facile à engager que les porteurs des projets Eco-Games feront preuve d’empathie et de bon sens.
Et un mot d’ordre permanent, très anglo-saxon : K.I.S.S. ! – Keep It Simple Stupid –
La préparation et le déroulement des eco-games s’inscrivent par essence dans les perspectives du développement durable : valorisation extrême des composantes environnementales, application d’une charte environnementale d’organisation, maximisation de la dynamique sociale locale, optimisation des coûts d’organisation, logique de redistribution des gains éventuels aux acteurs locaux, etc.
L’environnement local physique et humain conditionne les pratiques sportives et animations extra-sportives qui seront retenues dans le programme des Eco-Games ; ces pratiques découlent donc « naturellement » des caractéristiques du territoire-hôte et de celles de ses habitants, et s’y inscrivent harmonieusement.
Les pratiques sont systématiquement aménagées pour les rendre accessibles à tous les publics, compétiteurs ou non, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, etc., de manière à favoriser la participation du plus grand nombre.
Le programme sportif propose un mix équilibré entre modalités compétitives et épreuves de découverte (c’est-à-dire sans classement ni chronométrage).
Aussi souvent que possible, la performance sportive pure est pondérée par une prise en compte de l’environnement physique et humain local, afin de valoriser au mieux le territoire hôte, et minimiser l’empreinte environnementale / maximiser l’épanouissement personnel et social des participants. Les organisateurs s’engagent également à améliorer au fil des années la performance environnementale de leur événement.
L’organisation des eco-games est foncièrement minimaliste et leur logistique épurée au maximum, de manière à s’affranchir pour partie des contraintes qui entourent traditionnellement les organisations sportives, et en simplifier la préparation et le déroulement (le minimalisme des structures et de l’organisation constitue d’ailleurs sans doute la marque de fabrique de ces jeux).
Les eco-games s’appuient au maximum sur les ressources disponibles dans l’environnement local support des pratiques ; ces ressources auront fait l'objet d'une étude préalable approfondie permettant de les identifier de manière exhaustive. " Faire avec l’existant" constitue donc un véritable leitmotiv pour ces jeux.
La dépendance à l’argent est minimisée, au profit d’autres modèles comme le don ou le troc ; le mécénat est préféré aux partenariats financiers traditionnels, qui prônent la logique d’un retour sur investissement parfois asservissant pour l’organisateur ; aucune prime de course et autre grille de prix n’est proposée aux vainqueurs des différentes épreuves ; etc.
Pour lutter contre le cloisonnement à l’extrême des rôles et des responsabilités, qui nuit foncièrement au sport et au bien être de ses pratiquants, les Eco-Games proposent à l’inverse de "décompartimenter pour mieux responsabiliser" ; autrement dit, de faire comprendre « de l’intérieur » aux sportifs les rouages de l’organisation du sport, et de les y associer, dans une logique participative de l’ensemble des acteurs concernés.
Les Eco-Games ne sont pas seulement « sportifs », ils proposent en parallèle un programme riche d’activités valorisant les patrimoines naturel et culturel locaux, sous des formes très variées : conférences-débats, séminaires, expositions, rencontres de terrain, visites de parcs & réserves, opérations de réhabilitation des espaces naturels, recycl’art, etc.
Le sport s’est construit et développé à l’image de la société et la reflète totalement. Il cristallise les évolutions de celle-ci et est qualifié par les sociologues de « fait social total ». A ce titre, le sport fait face aux mêmes dérives que celles qui traversent la société :
Les Eco-Games constituent un modèle alternatif d’organisation d’événements sportifs qui incite à la réflexion sur ces dérives et propose des solutions concrètes qui se traduisent par :
Au-delà du programme purement sportif, les Eco-Games proposent systématiquement à l’ensemble des acteurs du sport (participants, staff, spectateurs, partenaires, médias) un panel d’activités extra-sportives (conférences, expositions, films, quizz environnementaux, opérations de ramassage de déchets et autres collectes d’équipements sportifs) mettant en perspective (PRISE DE CONSCIENCE) les multiples impacts visibles et invisibles de leurs pratiques sur l’environnement, et les sensibilisant (RESPONSABILISATION) aux manières concrètes de bonifier leur empreinte écologique.
Pour résumer, les Eco-Games sont des « anti-Jeux Olympiques » ! Les JO poussent la démesure et le gaspillage à l’extrême, la Planète entière est amenée à se déplacer vers des sites-hôtes au bout du monde en dépensant des sommes et une énergie folles, et l’héritage qu’ils laissent derrière eux (quand il est bénéfique) reste incertain, limité et provisoire au regard de leur énormité dans le registre purement sportif. A l’inverse, les Eco-Games constituent le prototype absolu du micro-événement « qui crée l’événement » pour chaque territoire concerné, dans une logique de relocalisation de l’activité tant sociale qu’économique, et de respect absolu de l’environnement et des écosystèmes locaux.
Le potentiel de généralisation des Eco-Games est sans limite ! Minimalistes dans leur conception comme dans leur organisation, les Eco-Games sont totalement adaptables et adaptés aux différents environnements naturels, culturels et économiques locaux.
Autrement dit, ils peuvent être organisés partout (y compris dans des territoires sinistrés ou instables économiquement) et pour tous. Plusieurs perspectives d’évolution s’offrent aujourd’hui aux organisateurs des Eco-Games.
Il en va des manifestations sportives comme de toute activité humaine : avant de songer à se développer, encore faut-il survivre ! Chaque Eco-Games est pensé pour durer, c’est-à-dire s’inscrire dans un temps long, dépasser l’organisation éphémère d’une seule édition pour devenir au fil des années un rendez-vous régional incontournable pour les populations locales concernées.
De par leur niveau d’exigence inégalé dans l’univers très commercial et peu enclin aux compromis environnementaux du sport d’aujourd’hui, les Eco-Games sont devenus un véritable label de qualité !
Il convient de les faire connaitre le plus largement possible, de manière à rallier dans toutes les régions de France celles des organisations sportives les plus désireuses de s’engager sur la voie de l’éco-responsabilité.
Intensifier cette politique de conversion/labellisation permettra d’essaimer plus rapidement la philosophie des Eco-Games sur l’ensemble du territoire national… comme en dehors de nos frontières.
Parallèlement à cette perspective de labellisation d’organisations préexistantes, il convient de continuer à créer de nouveaux événements partout où le territoire d’accueil s’y prête, partout où les populations locales le demandent, partout où le sport peut porter efficacement ce message d’espoir. Le temps joue pour nous, car la cause que nous portons est noble, et nous sommes des optimistes invétérés !
Mais il nous faut contourner de nombreux obstacles dans notre quête :
Dans notre combat, nous avons déjà obtenu le soutien de nombreuses entités de référence telles que le WWF-France, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) ou encore la Mission Développement Durable du Ministère des Sports ; ainsi que celui de 50 hautes personnalités du sport (parmi lesquels de nombreux champions d’Europe, du monde ou/et Olympiques) qui ont soutenu notre cause dès la création de notre association; et plus récemment celui d’un partenaire miltant: la MAIF, à travers le mouvement #SportPlanète qu’elle fédère.
Mais nous désirons aller encore plus loin : notre objectif ultime est bien de repenser à la base et totalement « le sport, ses pratiques, ses modes de financement, et les manières dont on en parle » (Article fondateur de l’Association Loi de 1901 sans buts lucratifs Un Sport Vert pour ma Planète bleue), pour les rendre infiniment plus éco-compatibles !
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Réalisation : Rémi CLAVEL